Résolution du Congrès sur l’avenir de la CSI “Respecter les règles – Changer les pratiques”

 

Renforcer les structures démocratiques de la CSI pour assurer une organisation syndicale mondiale unie, inclusive et efficace, qui respecte la diversité de ses membres et crée un environnement de confiance et d’engagement pour tous les affiliés dans toutes les régions – des plus grandes aux plus petites – tels sont les objectifs de la CSI.

1. Respect des règles internes et de la démocratie syndicale
La CSI doit refléter les besoins et les préoccupations de ses affiliés dans ses domaines de compétence et mener de solides efforts concertés sur les questions de solidarité mondiale. Une approche collective et cohérente de tous les dirigeants élus (secrétaire général(e) et secrétaires généraux adjoints, ainsi que président et vice-présidents) et le respect de toutes les dispositions des statuts de la CSI sont essentiels pour trouver la meilleure réponse aux défis mondiaux.

Il convient de respecter les instances constitutionnelles démocratiquement élus de la CSI. Le Conseil général, en tant qu’instance de décision suprême entre les congrès, doit fonctionner en tant que plateforme pour le débat et la prise de décision politique. Le Secrétariat prépare et distribue des documents d’information et des documents d’orientation appropriés qui exposent les différents points de vue des membres et les options possibles, ainsi que leurs incidences financières.

Cela permet au Conseil général d’avoir des discussions éclairées et d’adopter de manière consensuelle des décisions sur des questions spécifiques afin de guider le travail du Secrétariat de la CSI. Des réseaux et groupes de travail sur les grandes questions prioritaires améliorent la qualité des décisions politiques et l’efficacité des activités. Cela permettra en outre aux « petits » affiliés de participer à des discussions de fond sur des thèmes qui les concernent. L’évaluation des projets et des activités se fait de manière régulière et objective.

Les réunions du Bureau exécutif prennent la forme de réunions physiques, non de réunions virtuelles.

En cas d’urgence entre deux réunions du Conseil général, le secrétariat de la CSI consulte les membres du Conseil général et agit en étroite coopération avec les structures régionales de la CSI. Toute décision prise par le Secrétariat doit respecter le cadre politique de la CSI et doit être justifiée, transparente et responsable.

Les affiliés qui ne sont pas membres du Conseil général reçoivent des informations transparentes, complètes et en temps voulu sur toutes les décisions prises par le Conseil général.

2. Transparence et redevabilité dans la gestion financière et administrative
Les décisions doivent être prises en amont des engagements financiers et des dépenses, en particulier dans le cas de dépenses importantes et à long terme. De nombreux syndicats traversent une période difficile sur le plan financier, ce qui exige de la prudence dans le choix des priorités et des dépenses de tous les fonds.

La structure administrative et la gestion des ressources humaines de l’organisation (organigramme du personnel) doivent être claires et décrire les fonctions et les domaines thématiques de travail.

3. Renforcement des stratégies spécifiques des syndicats
Au cœur des activités syndicales se trouve la lutte pour les normes internationales du travail, en particulier le droit à la liberté d’association et à la négociation collective et le syndicalisme libre, indépendant, démocratique et représentatif dans le monde entier, ainsi que la promotion du plein emploi, du travail décent et de la protection sociale et professionnelle pour tous les travailleurs, en particulier les catégories les plus vulnérables, par des efforts concertés pour renforcer la pratique de négociation collective.

Cela nécessite des outils de campagne créatifs, nouveaux et solides et des capacités de mise en réseau avec les affiliés de la CSI, afin de stimuler la dénonciation des violations des droits des travailleurs et des syndicats quand et où elles se produisent. Un élément essentiel à cet égard est un solide réseau de coopération pour une solidarité directe avec et entre les affiliés de la CSI, afin de soutenir les syndicats confrontés à la répression et à un “contexte de risque”, en appelant tous les membres et départements de la CSI à élaborer une stratégie spécifique et coordonnée au cas par cas.

Le Comité des droits humains et syndicaux doit jouer un rôle plus visible et plus conséquent dans l’élaboration des stratégies. De même, le rapport annuel sur les droits syndicaux mérite une place plus importante. Au sein du système de gouvernance mondiale, l’OIT joue un rôle central et l’objectif devrait être d’exploiter pleinement le potentiel de cette agence normative tripartite des Nations Unies pour répondre aux préoccupations réelles des syndicats.
Le plaidoyer et la communication sont des outils importants mais, pour être efficaces, ils doivent reposer sur une stratégie syndicale et sur la mobilisation des centrales nationales et de leurs adhérents.

Dans le cadre d’un dialogue social global, nous ne sommes pas seulement une « voix » mais aussi un partenaire social, à même d’élaborer des propositions concrètes et prêts à assumer nos responsabilités. En conséquence, une structure délibérative doit être créée au sein de la CSI pour atteindre cet objectif.

4. Une forte coopération au sein du mouvement syndical international (siège de la CSI, régions de la CSI, FSI et TUAC) et avec les centrales nationales
La CSI doit être aux commandes pour aider ses affiliés à faire pression sur leurs gouvernements et parlements sur les grandes questions syndicales mondiales. Cela exige une division claire du travail entre les différents acteurs afin de faciliter la confiance et la coopération. La reconnaissance de ces divisions et le respect de limites claires, définies par des mandats respectifs, la légitimité et l’efficacité, sont des conditions préalables. Un exemple en est la syndicalisation : il s’agit d’une question extrêmement importante pour chacun, mais la tâche n’est pas la même pour tous.

Une attention particulière est accordée à la division du travail et des tâches entre le siège et les régions de la CSI, conformément aux statuts, et, en conséquence, aux questions financières. Les régions sont le niveau de l’organisation au sein duquel les affiliés s’approprient le plus aisément la dimension mondiale. Par conséquent, renforcer le rôle des organisations régionales, notamment pour garantir la participation et l’information de tous les affiliés, renforcera l’appropriation au niveau mondial.

La CSI et ses organisations régionales pourraient également élaborer une politique plus efficace et cohérente pour tenter d’influencer les instances de décision des entités régionales.

Une coopération renforcée sera établie sur la base d’une répartition claire des tâches et d’une coordination régulière entre la CSI et les FSI. Bien que l’action de grève et les campagnes d’entreprise soient avant tout du ressort des FSI, la CSI utilisera leur expérience pour faire pression au niveau politique. Cette meilleure coopération déterminera des améliorations significatives dans la capacité coordonnée du mouvement syndical mondial à aborder des questions telles que les chaînes de valeur mondiales, la numérisation de l’économie, le commerce international et le développement.

5. Coopération et alliances avec les organisations de la société civile (ONG et mouvements sociaux)
Toute coopération et toute alliance avec des organisations de la société civile doivent être fondées sur des objectifs communs, des valeurs communes et dans le plein respect des compétences et de la nature différente des parties.

6. Nouvelle approche concernant les institutions internationales et le système de gouvernance mondiale
En ce qui concerne l’OIT, la CSI doit exploiter tout le potentiel qu’offre la combinaison des droits humains des travailleurs, y compris le droit de grève, avec les mécanismes normatifs et de contrôle, pour défendre, promouvoir et développer des normes du travail. Cela implique l’élaboration de nouvelles normes, la promotion de nouveaux espaces de dialogue social et de négociation collective, une meilleure utilisation des mécanismes de contrôle et le renforcement de leur autorité aux niveaux national et régional. Il doit y avoir une transparence, une redevabilité et une inclusivité totales, ainsi que des discussions approfondies sur les positions et activités de la CSI et du Groupe des travailleurs au sein de l’OIT et une coopération et une cohérence renforcées avec les activités de l’ACTRAV.

Le dialogue avec les IFI (Banque mondiale et FMI), l’OMC, l’ONU et le G20 visera à renforcer l’influence sur les questions essentielles, tout en considérant la nécessité d’une stratégie complémentaire cohérente entre la CSI et les autres membres du mouvement syndical. L’apport d’informations utiles et compréhensibles est le point de départ pour développer une capacité indépendante à élaborer des stratégies et des objectifs syndicaux clairs et pour permettre aux organisations membres de participer à l’élaboration de stratégies et de se mobiliser sur les questions économiques internationales, afin d’influencer plus efficacement à la fois les gouvernements nationaux et ces institutions internationales.

En coopération et dans le respect de la division du travail avec le TUAC, la CSI devrait tirer pleinement parti des travaux de l’OCDE et mettre à profit les informations et discussions politiques au-delà des États membres de l’OCDE.

Soumis par : CTC (Canada)
Soutenu par : SGB-USS, FGTB-ABVV, DGB, NSZZ, CFDT, CGT-F, CGIL, UIL, CCOO, UGT-S, ÖGB, USO, FNPR

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